Quel parent n’a jamais rêvé de comprendre immédiatement pourquoi son bébé pleure ?
Savoir distinguer la faim de la fatigue, un besoin de rot d’un inconfort… J’en aurais rêvé, moi aussi, lorsque mes filles étaient petites.
À l’époque, j’avais l’impression d’être dans le flou. Je voyais d’autres parents décrypter leur bébé avec une facilité déconcertante, et je me sentais incompétente. Alors je répondais de la même façon, presque systématiquement : je proposais le sein.
Ça marchait souvent, mais pas toujours. Et quand ce n’était pas le cas, je testais autre chose, un peu au hasard.
Mes deux filles ont donc appris à s’endormir au sein. Elles ont associé la tétée à la fatigue et au sommeil. Pendant plusieurs mois, mes soirées tournaient entièrement autour d’elles.
Et si j’avais pu comprendre avant ?
Ce que cela aurait changé
Avec un véritable décryptage des pleurs :
- J’aurais pu différencier la faim de la fatigue.
- J’aurais sans doute accompagné l’endormissement autrement.
- J’aurais reconnu le besoin de rot, au lieu d’écouter ce qu’on m’avait dit à la maternité : “pas nécessaire pour un bébé allaité”.
- J’aurais pu laisser plus de place au papa, au lieu de répondre presque automatiquement par la tétée.
Et surtout…
Je me serais sentie moins dépassée, moins seule, et beaucoup plus compétente.
J’aurais gagné en confiance.
Le langage des bébés : une découverte arrivée trop tard pour moi
Ce n’est que sept ans plus tard que j’ai découvert qu’il existait… une méthode.
Une méthode permettant réellement de comprendre les pleurs de bébé.
Une méthode étudiée scientifiquement, testée sur des milliers de nourrissons, dans de nombreux pays.
Le Dunstan Baby Language en quelques mots
Développée par Priscilla Dunstan, musicienne australienne dotée de l’oreille absolue, cette méthode repose sur un constat simple :
les bébés, partout dans le monde, produisent les mêmes sons pour exprimer les mêmes besoins.
Les études menées entre 1998 et 2006 ont permis d’identifier 5 sons principaux, correspondant chacun à un besoin physiologique :
- Neh → faim
- Owh / Aoh → fatigue
- Eh → besoin de rot
- Eairh → maux de ventre
- Heh → inconfort
Les parents formés ont rapporté :
- une meilleure compréhension de leur bébé,
- moins de pleurs,
- un endormissement facilité,
- moins de fatigue,
- plus de confiance.
Pourquoi ces sons sont-ils universels ?
Parce qu’ils sont physiologiques, pas volontaires.
Chaque besoin entraîne une réaction involontaire du corps, qui produit un son spécifique.
Prenons la fatigue : la bouche se place en “ballon de rugby”, comme lorsqu’on baille. Si vous baillez et laissez sortir un son, vous entendrez quelque chose de très proche du fameux “AOH”.
Il en va de même pour les autres besoins : faim, rot, maux de ventre…
Chaque besoin provoque un réflexe corporel → donc un type de son.
Pourquoi je considère cet outil essentiel
Devenir parent, c’est un bouleversement. Ajoutez :
- la fatigue,
- parfois un accouchement difficile,
- une dépression post-partum,
- les pleurs fréquents,
- la sensation de ne plus savoir quoi faire…
Le risque, quand les pleurs durent, c’est l’épuisement.
Et l’épuisement peut mener à des réactions que personne ne souhaite, comme secouer un bébé pour “que ça s’arrête”.
Les pleurs activent le système de stress de l’adulte, voire le centre de la douleur.
Il est naturel que ce soit difficile à supporter.
Apprendre à comprendre les pleurs, c’est :
- réduire la fatigue,
- diminuer le sentiment d’impuissance,
- renforcer la confiance,
- et prévenir les situations à risque.
Pour moi, cela devrait être enseigné à tous les futurs parents.
Comment se former ?
Si vous êtes jeunes parents, professionnels de la petite enfance, ou grands-parents impliqués, plusieurs options existent :
- Le livre : Il pleure, que dit-il ? — Priscilla Dunstan (Marabout).
- Les ateliers Dunstan Baby Language, proposés par les instructrices formées.
L’atelier est souvent plus efficace, car il permet :
- d’écouter précisément chaque son,
- d’observer les signes physiques,
- d’échanger sur vos situations personnelles,
- d’être guidé dans vos premières interprétations.
Et vous ?
Quelle est votre expérience avec les pleurs de bébé ?
Avez-vous déjà eu l’impression de “tâtonner”, ou au contraire de comprendre instinctivement ?
Votre témoignage peut aider d’autres parents. N’hésitez pas à le partager en commentaire.



